La préparation psychologique ou l’attente active

L’autre jour j’étais à un anniversaire surprise. En Picardie. Ça a été pas mal l’expédition :  des cachotteries incessantes pendant les semaines qui ont précédé l’évènement, au trajet pour aller dans ce trou paumé, et à la rencontre sans intermédiaires de parfaits inconnus.

Moi, pour être sûre de ne pas faire de gaffes, j’avais fait la morte pendant 3 semaines et je savais que ma copine Lucienne (appelons-la Lucienne, elle en sera ravie) grondait sourdement à la pensée de ce sournois abandon. Lorsque le jour est venu: panique! je ne connaissais personne, je ne savais pas du tout comment m’habiller. (Ce n’est PAS un détail. S’habiller c’est déjà fêter l’évènement. ) Et puis il y a eu cette réunion avant l’arrivée de Lucienne, dans une ambiance oscillant entre la fête et l’attente d’un train.

Lorsque Lucienne est arrivée, je l’ai vue, moi. Elle était surprise, ça c’est sûr, mais elle n’était pas ravie. Elle s’est repassée tous les moments où on lui avait menti. Elle, d’habitude si active et organisée, était perdue.

Nous avons passé de très bon moments ce soir là, mais je me suis juré de toujours éviter de tomber dans ce genre de traquenard. On pourra conclure hâtivement que je n’aime pas les surprises, pourtant il ne s’agit pas de cela. J’aime l’attente de la fête. J’aime la pression qui monte doucement, la joie qui pétille et l’escalade de l’allégresse. Oui, vous avez raison, c’est complètement cucul.

Ça marche pareil lorsqu’on part en voyage: il ya ceux qui ne savent rien de leur destination, et ceux qui ont lu 15 bouquins sur tous les sujets pour ne pas être perdus. Définitivement, de ces deux extrêmes, je me rapproche plus du deuxième. J’aime anticiper le plaisir que je vais avoir. Me préparer psychologiquement aux difficultés, pour les rendre tout-à-fait surmontables.

Et figurez-vous que je suis ravie de voir dès à présent les décorations de Noël. Le meilleur de cette fête n’est pas la fête elle-même; d’ailleurs les fêtes dont on attend trop ne sont-elles pas toujours décevantes? Non, le meilleur de Noël c’est l’avant. Souvent, les gens qui ont eu des fêtes de fin d’année décevantes se privent du plaisir de ce temps-là. Ils ne veulent simplement pas y penser, et lorsque les jours honnis arrivent de nouveau, ils sont déçus comme prévu. Mais comment être déçu d’un jour qui nous a déjà donné tant de plaisirs depuis un mois? Aujourd’hui, il fait froid et moche à Lille et la Grande Roue illumine la Grand Place, les si kitch chalets en bois transforment la place Rihour tellemnt moche d’habitude, et tout ça donne envie de vin chaud et de patin à glace. Et de mettre un sapin chez soi. Et, pourquoi pas, de tester des recettes de Noël avant l’heure!

Peut-être est-ce juste une pauvre parade pour éviter la déception, me direz-vous. Peut-être. Ou plutôt est-ce que je suis lente à la comprenette, et qu’une surprise me ferait plaisir une semaine après? Je ne sais pas. Je déteste l’idée d’un complot, même pour mon bien. J’aime autant qu’on construise le projet ensemble, et qu’on aie du fun tout du long. Et pendant la fête. Double fun, donc!

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Un commentaire pour La préparation psychologique ou l’attente active

  1. LUCIENNE dit :

    Merci !

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