Rubber de Quentin Dupieux

Clairement, Rubber n’est pas un livre, et je l’ai quand même mis dans cette rubrique. Hé bien faudra vous en contenter, je ne vais pas voir assez de films pour en chroniquer de manière régulière.

Rubber est une exception. D’abord parce qu’il m’a été conseillé par Florian et que ma foi nous avons certainement des goûts très semblables, à repenser à nos conversations enthousiasmées sur les milk shake californiens ou encore à propos des applis google. Ensuite parce que PapaFredo et moi, qui sommes plutôt versés dans la littérature que dans le cinéma, nous nous sommes mis au défi d’en faire la chronique, et de la publier en même temps.

Voilà donc, Rubber de Quentin Dupieux.Rubber

Réalisé par Quentin Dupieux
Avec Stephen Spinella, Roxane Mesquida, Jack Plotnick, Wings Hauser
Produit en 2010
B.O. MR Oizo et Gaspard Augé
Site du film

Que dire sur ce film ? Par où commencer ? Peut-être sur la photographie, ou encore l’histoire à tiroirs, ou enfin sur les scènes fortes en émotion où on ne voit que… des pneus.

Car voilà, Rubber est l’histoire d’un pneu qui peut faire exploser des choses (et des gens) par la pensée. Clairement, Quentin Dupieux avait envie à la fois de rigoler un bon coup et de faire chier son public. D’ailleurs la scène d’ouverture nous le fait bien comprendre : des chaises sont installées en plein désert, et une voiture s’amène et les démonte toutes méthodiquement, une par une. Pour le confort, mesdames messieurs, vous repasserez.

Parce que le public est DANS le film. C’est à dire que des gens assistent en direct à l’histoire du pneu tueur, commentent, se passionnent, s’ennuient, et c’est une magnifique parodie de nous-même. En tous cas je me suis sentie bien visée, et avoir un dialogue aussi direct et abrupt avec l’auteur du film, avouez que c’est assez jouissif. Comme je le disais, Quentin Dupieux ne ménage pas son public. Il est assez bien caricaturé, et très malmené dans l’histoire. Big up à Wings Hauser dans son fauteuil roulant, qui joue un invincible trop cliché comme je les aime.

D’ailleurs les acteurs sont tous des caricatures, de Sheila la pin up mystérieuse à Chad le policier véreux en passant par MON PREFERE, le secrétaire comptable, Jack Plotnick. Je vous avoue que 1/ je l’avais pas reconnu, et 2/ ce mec, dans la vraie vie, est canon. Mais dans le film bouh qu’il est laid ! Bref son jeu m’a complètement époustouflée, me voilà une grande fan. Les acteurs en général jouent avec brio de clichés, de stéréotypes, tout en s’en moquant, et j’ai trouvé ça vraiment hilarant. Malgré tout attention : il n’y a pas de délicatesse dans la manière de se servir des codes hollywoodiens ; c’est une parodie plate et sans effet de rebondissement, suspense ou autres ficelles qui empêchent le spectateur de voir la lourdeur de la blague. C’est dire si souvent les situations retombent à plat. Et c’est ce que j’ai aimé.

La photographie… est juste géniale. C’est un film classique du point de vue image, et comme dit Quentin Dupieux « qui fait du bien aux yeux ». Moi qui adooore les western spaghetti, j’en ai eu plein la vue. Du désert, des plantes improbables, des levers de soleil, des routes à l’infini… et des clichés, encore ! De l’Amérique profonde ! Si vous êtes fan de parc d’attractions décrépis, de façades rongées d’humidité ou de panneaux désuets-mais-pas-charmants, bref, de glauqui-glauque, vous aimerez.

Si vous avez lu jusque là, vous devinerez que le film a des sacrés lenteurs. Il a aussi des sacrés WTF et si vous n’aimez pas l’humour absurde il vaut mieux que vous passiez votre chemin. Pendant la séance, un mec s’est mis à ronfler si fort que toute la salle en a rigolé, et il a fallu le réveiller plusieurs fois. Ce film, si on ne rentre pas dedans, peut être chiant.

Sur l’histoire je ne sais que dire, et je ne sais pas si cela a tellement d’importance… L’action n’arrive pas vite, mais ensuite le nombre de morts par explosions est exponentiel. Comme toute cette boucherie prend place dans un contexte calme et magnifique, il n’y a pas de suspense, pas de cavalcades et la scène de poursuite (une voiture de police et un pneu à 10km/h) est tranquille Émile.

Ah ! J’allais oublier ! Mais c’est important ! Quasiment tout la charge émotionnelle du film est dans la bande son. Composée par MR Oizo et Gaspard Augé, s’il vous plait. Quand notre héros le pneu arrive à une décharge de pneus en train de brûler, la musique arrive à te faire émouvoir de ces foutus caoutchoucs qui crament ! C’est brillant, d’arriver à faire rire de soi de cette manière…

Voilà, donc, ma critique de Rubber. En sortant de la salle avec mon pote, nous avons mis du temps à décider si nous avions aimé ou pas. Faut reconnaître, des fois on est limite en train de s’emmerder. Des fois on se dit: « Allez Quentin, arrête de te faire plaise, avance un peu là ». Mais ce sont toutes ces petites choses, ces délires sans liens, qui font que j’ai aimé. Et encore une fois : Yeeepee pour le personnage du comptable!

L’avis de PapaFredo, écrit sans concertation.

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