Pensées secrètes de David Lodge

J’avais entendu parler de cet auteur sans pourtant retenir aucune information ; c’est avec une certaine familiarité que j’ai pris le livre à la bibliothèque.

David Lodge - Pensées SecrètesAuteur: David Lodge
Editions Rivage
Traduction: Suzanne V. Mayoux
Publié en 2001, 400p.

L’histoire:

Un chercheur scientifique et une romancière travaillent dans la même université. A travers leurs discussions ils vont opposer leur vision de la conscience humaine ; à travers leurs vies ce sont deux conceptions des relations humaines qui se font face.

Ce que j’en pense:

… je ne sais pas bien ce que j’en pense. Ce roman est magnifiquement construit. C’est un petit chef d’œuvre du genre. L’auteur alterne les styles avec brio, et cela renforce les identités des personnages et les tensions dans l’intrigue. Du journal intime au dictaphone, du narrateur omniscient aux travaux d’étudiants, on se faufile partout et on observe la scène sous de multiples angles.

Les personnages principaux, Messenger et Helen, sont bien campés, surtout Helen qui est une réussite. Ses réflexions sur le travail d’écriture et sur l’apport du romancier à la connaissance de la conscience humaine m’ont vraiment interpellée, à tel point qu’il m’est arrivé de poser le bouquin pour y repenser. Helen se remet en question sans arrêt, se sert de n’importe quel élément de sa vie et de celle des autres comme matière à penser. Elle est à la fois fragile et forte, et a une réelle profondeur. Ce qui est censé être le cas de Messenger aussi, puisqu’il est son pendant scientifique. Mais soyons clairs : autant David Lodge est crédible lorsqu’il parle d’écriture, autant dès qu’il aborde des sujets scientifiques, c’est assez ennuyeux et sans intérêt. C’est sans doute pour cela qu’il a caricaturé son personnage masculin en en faisant un mec brillant, charismatique, séducteur, bref, hollywoodien.

Évidemment il y a d’autres trames que les discussions intellos dans ce roman. Il y est question de relations de couple et d’adultère. Bon. Alors, je sais, l’adultère est un thème hautement romanciable. Je sais, l’infidélité est un trait de l’âme humaine. Mais là, encore une fois, bon. Opposer le méchant séducteur à la gentille veuve chaste, c’est un peu facile. Les rebondissements dans la trahison, aussi. Ah, si ; j’ai vraiment aimé la découverte d’une infidélité réelle par la littérature. J’ai été prise dedans. J’ai aimé aussi la fin mi figue mi raisin, un peu en queue de poisson.

David Lodge s’est fait plaisir en émaillant son récit d’anecdotes littéraires et scientifiques, et on se balade dans un bouillon de culture générale qui nous fait bien rentrer dans le cadre universitaire du roman. J’ai lu par ailleurs que l’auteur était expert en critique du milieu universitaire; cela ne m’étonne pas, il réussit à nous faire voir les relations entre étudiants et profs, les tensions entre chercheurs, l’ambiance parfois élitiste et politique lors des soirées, parfois terre à terre, matérialiste dans les descriptions des locaux et de la vie étudiante.

En conclusion, je dirais que j’ai aimé ce livre. Il est bien écrit, le style est fluide et facile à lire, on se laisse emporter par le récit et les personnages. Par contre je pense que je ne vais pas mettre longtemps à l’oublier, soyons honnêtes. Ce n’est pas un roman marquant.

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