Tamara Drewe de Posy Simmonds

Petit préambule indispensable à toute critique préalable: Je suis trop Has been, et de toutes façons je n’achète les livres qu’en poche : ne vous attendez pas trop à voire des nouveautés dans ma liste de lecture. Vous voilà prévenus.

Tamara Drewe deux ans après nous voici!

Auteur: Posy Simmonds
Paru en
Editions Denoël Graphic
Traduit de l’anglais par Lili Sztajn
136 pages
Date de parution : 16-10-2008
Grand Prix de la critique ABCD 2009

L’histoire

Dans un petit village d’Angleterre, idéal de tranquillité pour les écrivains, et mortel d’ennui pour les jeunes, la belle Tamara Drewe décide de revenir vivre après une vie londonienne mouvementée. Elle chamboule la petite vie du pays, tant chez les écrivains en résidence que chez son ami d’enfance.

Ce que j’en pense

Ce roman graphique est adapté librement d’un autre roman, un « vrai » : « Loin de la foule déchaînée », de Thomas Hardy. Et cela se voit, et cela est réussi magnifiquement ! L’histoire est touffue à souhait, les personnages sont complexes et intéressants, et Posy Simmonds se paye le luxe de nous dresser un petit portrait au vitriol de la société anglaise d’aujourd’hui. J’avoue, je n’ai entendu parler du roman graphique qu’après la sortie du film. Je n’ai pas été le voir, et à mon avis ce serait un tour de force de restituer les subtilités et les épaisseurs de l’histoire. Pour la petite note documentaire, Posy Simmonds a écrit « Tamara Drewe » en feuilletons, pour un journal. Ce n’est pas son premier essai, elle est également l’auteur du maintenant célèbre « Gemma Bovary » dont je vous laisse deviner le roman d’origine.

Qu’y a-t-il à noter ? Premièrement, le format. Ce n’est pas un livre, même illustré ; ce n’est pas une BD, ni une nouvelle épistolaire, ni un journal ; ce n’est rien de ce que nous avons l’habitude de voir. La narration se fait au moyen de tous les genres possibles entre l’écrit et le visuel. Tantôt des textes, tantôt des chroniques ou articles de journaux, ou bien un petit strip, ou carrément une page de BD nous font avancer dans l’histoire, multipliant les façons de voir les choses. Oui, puisque c’est graphique, ce n’est plus aussi linéaire que de lire un mot après l’autre : la mise en page est éclatée, comme les styles.

Cette lecture déroutante parce que forcément entrecoupée, nécessitant des retours en arrière pour lire certains morceaux, ou même des relectures pour comparer deux informations, l’est d’autant plus que l’on retrouve tous les principes narratifs classiques : mails, articles de journaux, journal intime, narrateur omniscient parfois, ces différentes formes perdent un peu le lecteur au début. Ce sont souvent les morceaux dessinés qui sont omniscients, et qui mettent en lumière des textes plus subjectifs. J’ai trouvé ça génial de voir objectivement une scène, et d’avoir en même temps la perception d’un ou plusieurs personnages. Dans un roman, cela aurait été trop redondant ; ici, cela passe.

Bon, bon, je ne parle que de la forme. Oui, c’est vrai que c’est le plus marquant de ce roman. L’histoire elle-même pourrait tenir en une comédie un peu cucul de la londonienne à la vie de vanité qui recherche le bonheur dans le succès, et qui finit par comprendre que là n’est pas l’essentiel. Je pense que le film va tourner ça comme ça. Mais c’est un peu plus noir, quand même : mensonges, tromperies, affres de l’écriture, tragédie de la jeunesse anglaise livrée à elle-même, il y a un peu de tout ici. J’avoue que l’histoire des deux petites jeunettes m’a semblée rajoutée, mais elle ancre si bien le roman dans la réalité du pays, fait référence à tant de films, d’ouvrages et de faits divers sur la question, que je me dis : pourquoi pas.

Et puis il est question à travers tous ces personnages des rêves et du prix qu’on est prêt à payer pour y arriver. Il est question d’une société où la notoriété et le succès rapide passent avant le talent et le travail. Où les jeux de pouvoir et de manipulation sont la norme. Comme des alpinistes qui choisiraient d’escalader chacun une face du Mont Blanc, chaque personnage grimpe ici une face différente du rêve. Et si Tamara Drewe est le personnage principal parce qu’il est le plus shinny shinny, et qu’il relie tous les personnages entre eux, ce n’est à mon sens pas du tout le plus sympathique. J’ai trouvé que la vraie star du roman est Beth, qui tient la résidence d’écrivains. A vrai dire elle est l’opposé de Tamara Drewe.

Conclusion : A lire à tout prix, pour le dépaysement et pour la finesse des personnages!

Des liens

Posy Simmonds sur Wikipédia
La page de l’éditeur
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