Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi de Mathias Malzieu

C’est la Saint-Valentin, et si vous croyez que j’en ai quelque chose à faire, franchement, vous me connaissez mal (1). Alors je vais vous parler d’un livre qui parle de la mort, ça vous fera les pieds. J’ai eu ce bouquin en en achetant un paquet d’autres, et je l’ai laissé traîner bien longtemps : on se dit toujours que si c’est gratuit, c’est que ça doit être nul.

(1) Si, bonne fête aux Valentines !

Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi

Auteur: Mathias Malzieu
Editions J’ai Lu, 151 pages
Publié en 2005

L’Histoire

Mathias vient de perdre sa mère. Il n’arrive pas à faire face. Alors qu’il attend devant le parking de l’hôpital, un étrange personnage lui propose son aide pour traverser son deuil.

Ce que j’en pense

C’est peut-être parce que j’ai moi-même perdu des proches que j’ai pleuré dès le début. Franchement, une vraie fontaine. Mathias Malzieu a un vrai don pour faire passer les émotions brutes, on le savait déjà avec sa musique, ça se confirme sans discussion.

Et pourtant ! Je suis si intransigeante avec les histoires que j’aurais très bien pu vomir au lieu de pleurer. Oui, parce que Mathias Malzieu adore les jeux de mots pourris, les métaphores filées comme des bas (regardez comme j’illustre aussitôt mon propos). Et ça, ça m’énerve, je trouve ça facile, un peu trop gros, ça me fait penser immédiatement à tous ceux qui abusent des smileys dans leurs mails, ou encore à de la poésie adolescente (un débordement hormonal littéraire, quoi).

Mais notre ami Mathias est fin, parce qu’il colle de près au réel. Tout se tient, et il n’y a pas d’envolées lyriques. Il a un « univers », pourrais-je dire tel un juré de la Nouvelle Star. Bon, en gros il a customisé la langue française comme il a customisé sa réalité. N’empêche, tant mieux, parce que c’est le deuil dans toute sa violence qu’on se prend dans la face, et ses petits mots ridicules et touchants, sa poésie terre à terre, nous permettent de continuer à lire.

Alors il y a l’histoire du deuil et il y a l’histoire de Jack, le géant des ombres. D’emblée, le lecteur lambda (moi) se dit : « Chaud ! Il nous met une histoire pour enfants là-dedans !  il est trop ouf ce gars ça prendra pas !  » Eh bien si, ça prend. Parce que ce n’est pas une histoire pour enfants, ou alors à l’ancienne, quand les Walt Disney n’avaient pas encore fait les remakes de tous nos contes bien trash. (D’ailleurs il y a un paquet de grossièretés qui ne sont ni plus ni moins que du langage courant de grande personne). Ça prend parce que parfois la tension est si forte qu’on est bien content d’avoir cet interlude pour se remettre un peu.

Et c’est ça que j’ai bien aimé : cette alternance là. Parce qu’un deuil, c’est comme ça. On va pouvoir rire et faire des blagues sans jamais oublier l’ombre qui plane derrière, mais on souffle un peu. C’est fatigant, d’être triste tout le temps. Et c’est je crois le rôle de Jack d’assurer les temps de pause pour permettre à Mathias de continuer sans se briser.

Ma conclusion : à lire, en prenant son temps.

Des liens

La boite à lectures
Lecture – écriture
Petites lectures entre amis
Ptite souris
Publicités
Cet article, publié dans Livres, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s