Démineur de Kathryn Bagelow

Titre original: The Hurt Locker
 
Réalisé par Kathryn Bigelow
Avec Jeremy Renner, Anthony Mackie, Brian Geraght
 
Année de production: 2008
 
Sorti en sept. 2009
 
Oscar du Meilleur film : Oscars / Academy Awards 2010 edition n° 82
 

L’histoire:

Une équipe de déminage américaine en Irak va sur son dernier mois de mission quand le chef d’unité meurt. Il est remplacé par James, qui est un peu « tête brûlée ».

Ce que j’en pense:

Voilà, j’ai fait un synopsis vraiment très court parce que c’est tout ce qu’il y a à dire. Le film est si bien fait, si réaliste, qu’il nous entraîne vite dans le documentaire. Aussi on oublie le scénario principal au profit de toutes les histoires du quotidien, et avec les hommes on compte les jours à rebours vers la fin.

Ni l’affiche française ni les synopsis officiels que j’ai pu lire ne rendent compte du film : ce n’est PAS un film d’action. En tous cas moi je trouve que ce n’en est pas un. D’ailleurs étonnamment les américains ne l’ont pas du tout vendu comme ça, regardez l’affiche anglophone :

Oui, il y a des explosions, des débandades, des courses effrénées. Mais il y a surtout de l’attente, de l’observation, de la méfiance de tout élément extérieur, le tout dans un silence méga flippant. Dans cette affiche toute blanche où un mec est entouré de 6 bombes, c’est plus la solitude que l’action qu’on sent. Et c’était bien l’intention initiale de Kathryn Bigelow lorsqu’on analyse un peu sa façon de filmer, quasiment uniquement subjective, avec peu de vues d’ensemble.

Ce film enfonce un peu des portes ouvertes, mais je crois que ça fait du bien. On voit que la population irakienne n’est pas franchement amicale pour les soldats américains, on voit aussi que ceux-ci traitent rudement les gens, et qu’ils ne sortent pas tellement de leur camp. Finalement, tous ces petits détails de la vie courante montrent que des liens humains entre les deux « camps » sont impossibles. Toutes les tentatives sont des échecs, et on comprend James qui refuse de s’attacher de nouveau lorsqu’il décline une partie de football brutalement. Malgré tout cela, ce que ce film ne fait pas – et c’est un petit exploit – c’est de prendre parti.

Parce qu’il est principalement question ici d’une chose qui dépasse la guerre en Irak. Il est question de dépendance. Tout au long de leurs missions, les trois démineurs s’interrogent : pourquoi suis-je ici ? Qu’est-ce qui me fait rester – revenir ? Alors qu’ils comptent les jours qui les séparent du foyer, alors qu’ils pleurent, qu’ils cauchemardent, qu’ils ont terriblement peur, alors qu’ils savaient tout cela avant leur départ, pour la plupart, pourquoi sont-ils revenus ? La fin du film répond à ces questions de manière assez terrible, je trouve – et je n’en dirait pas plus pour ne pas spoiler.

Par ailleurs il y a quelques passages un peu convenus, mais peut-être nécessaires, je ne sais pas… Par exemple le psy à côté de la plaque parce qu’il n’est pas allé sur le terrain depuis longtemps, ou les mecs qui se défoulent aux jeux vidéo, qui continuent en virtuel leur boulot de la journée. Ou encore le vieux barbon qui félicite James alors qu’il a été super imprudent, façon films de guerre américains.

J’ai vraiment aimé ce film, que je trouve d’une rare justesse et d’un réalisme effrayant.  Moi qui n’y connais rien en guerre, je me suis retrouvée dans la peau de ces soldats au point de lire l’actualité de manière différente à présent. Je trouve qu’un film qui est capable de changer mon regard sur les choses est forcément un très bon film, de toute manière, alors je ne saurais que trop vous le conseiller !

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4 commentaires pour Démineur de Kathryn Bagelow

  1. lorenztradfin dit :

    …une des scènes les plus « effroyables » – le moment ou « notre héros » se trouve dans le hypermarché devant le mur de Cornflakes aux multiples couleurs et goûts et ne sait choisir – contrairement à ses choix rapides et sûrs devant des câblages infernaux….

    Un grand film peu dilué par quelques scènes convenues

    • CaroDe dit :

      Je suis tellement d’accord! Cette scène des céréales est absolument terrifiante !
      Et ce retour difficile à une vie « normale » rappelle pas mal les films sur les vétérans du viet-nam complètement incompris… C’est là où le film est génial : finalement, il ne parle pas de Bagdad, il s’attaque à un thème largement répandu qui est : en temps de paix, que faire des mecs qui ne sont doués que pour la guerre?

  2. c’est le thème de Rambo
    superbe en livre

    • CaroDe dit :

      A ma grande honte, je n’ai pas vu Rambo…
      Non mais quand je dis que ma culture cinématographique est réduite, je rigole pas ! Du coup je met la série sur ma « to watch list », merci du conseil !

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