Naïf. Super. d’Erlend Loe

Naïf. Super.

Auteur: Erlend Loe
Edité par 10/18 en 1996 (2005 en France), 263 pages
Traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud
3ème prix européen des jeunes lecteurs
 
 

L’histoire

Un jeune homme perd au croquet contre son frère, et cette défaite est l’élément déclencheur d’une crise existentielle.  Il ne sait plus ce dont il a envie, ce qu’il veut mais pire encore : il se demande quel est le sens de la vie, la sienne et la vie en général. Il décide d’explorer à fond cette crise, et de trouver des réponses à ses questions.

Ce que j’en pense

Ce bouquin est carrément le livre le plus surprenant que j’aie lu depuis longtemps. Ce n’est pas un chef d’œuvre de littérature, ce n’est pas non plus un affreux navet. Il n’y a pas de suspense, les intrigues sont légères, mais cela fait déjà deux semaines que je l’ai lu et il me reste dans la tête : n’est-ce pas un signe ? En tout cas, je n’étais pas prévenue : je l’ai pris à la bibliothèque municipale, complètement au pif, et cet auteur m’était complètement inconnu. Bon, maintenant je sais qu’il est quand même fameux.

Le bouquin a mal vieilli; on y parle de fax et de mails qui sont à la pointe du progrès, ce genre de choses, sans que ça donne pour autant la couleur « vintage » que réussissent à acquérir certains livres. Les chapitres sont courts, les digressions sont nombreuses, et finalement on a comme des petites leçons de vie à chaque fois… Oui, cela rappelle Kundera.

Mais alors que Kundera digressait sur le thème de l’exil, Erlend Loe, lui, s’intéresse à celui de la relativité. C’est malin, quand même, d’associer ce thème à une crise existentielle ! Avouez que c’est bien vu.

Ce pourquoi j’ai adoré ce bouquin, ce sont les listes. Sans blague, vous n’en faites jamais? Ici Erlend Loe nous en montre la principale fonction : délimiter pour ne pas tomber dans le néant. Construire du concert. Il y a la liste de ce que le jeune homme possède (il n’a pas de nom) la liste des choses qui l’enthousiasmaient quand il était petit, la liste des animaux qu’il a vu… C’est aussi comme cela qu’il conçoit ses activités : ainsi, pendant des jours, il lance un ballon contre le mur. D’autres ont eu cette pulsion, moi y comprise ! Ce retour à la simplicité, ce besoin de donner du sens à ce que l’on fait nous fait faire des choses qui sembleraient absurdes à d’autres.

Tout cela pourrait en faire un jeune homme solitaire, autiste, incompris, mais voilà qu’il se met à partager ses nouvelles envies. D’abord par fax avec son ami Kim, puis avec un petit garçon, puis les gens qu’il rencontre… Il y a une vraie progression, le jeune homme est d’abord tourné sur lui-même, puis se tourne vers les autres et le monde extérieur. D’ailleurs, les dernières listes parlent des « choses vues », cela m’a fait rire parce que je tiens moi-même des listes du genre.

La réaction de son entourage est aussi étonnante: vu comme le type est barge, on se dit qu’il va se faire jeter. Hé ben même s’il lui arrive de se prendre des vestes, les gens réfléchissent à ses questions, et parfois adoptent son point de vue. Jusqu’à son frère, qui voulait absolument le faire revenir dans la voie de la raison, et qui se retrouve à utiliser ses jouets…

Voilà, très bon bouquin, j’ai ri, je me suis vraiment prise au jeu. Et tout ça donne une patate ! C’est naïf, c’est super !

Des liens

Erlend Loe sur Wikipédia
 
Titre sur le net
Lison futé
Le Blog d’Yspaddaden
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