Bloompott de Sacha Guitry

Bloompott

Auteur : Sacha Guitry
Edité par : Librio en 1995, 123 pages
 

L’histoire

Franchement? Il n’y a pas vraiment d’histoire. Bloompott est l’enfant noir d’un couple blanc… Lorsqu’il rencontre l’auteur, Sacha Guitry, une relation d’amitié s’installe entre eux.

Ce que j’en pense

Bah, je donne mon avis : j’aime pas. Je SAIS, Sacha Guitry est bourré de talent, c’est un grand du théâtre, tout ça. Mais les goûts et les couleurs, vous savez, ma brave dame…

Bloompott est son premier « roman ». Sans déconner, roman, ils appellent ça ! C’est donc un roman feuilleton, paru dans Gil Blas, une revue de l’époque. C’est vrai qu’on y voit déjà tout ce qui fera la marque de ses œuvres plus tard : il y étale sa vie sans trop de pudeur, il en profite pour régler ses comptes avec ses amis ou connaissances, et fait preuve d’une remarquable désinvolture envers son lectorat.

Remarquez, cette désinvolture s’applique aussi à lui-même et on ne peut pas lui reprocher de se prendre au sérieux. Ses « chapitres », qui ne font que 3 pages, sont écrits la veille, et que lorsqu’il n’a pas d’idées pour une histoire, qu’à cela ne tienne ! Sacha Guitry raconte sa vie en une suite de sketchs dignes de one man show.

Sacha Guitry a de l’esprit, et c’est ce talent que portent aux nues ses admirateurs. C’est vrai qu’il fait là quelques bons jeux de mots. Mais finallement, ce ne sont que des private jokes qui, lorsqu’on n’a pas vécu dans les années 50 ni fréquenté les noctambules parisiens, n’a que peu d’intérêt. C’est un peu comme au début d’un roman russe, quand on essaye de s’y retrouver dans les prénoms, surnoms, diminutifs : on finit par s’en fiche complètement.

Sacha Guitry a une légère tendance à raconter sa vie : ainsi, la moitié du bouquin parle de lui plutôt que de son héros. On saura par exemple qu’il habite au 5ème sans ascenseur et sans électricité. Il dédicace chaque « chapitre » moyennant finances. C’est assez drôle, mais au bout du 16ème chapitre… je ne sais pas bien. En tous cas on voit bien se dessiner sa personnalité : égocentrique, fêtard, désinvolte, et sa devise a certainement été « carpe diem ». Je me suis dit : non, ça doit être une image qu’il se donne… Mais dans l’édition Librio que j’ai eue sous la main, il y a une préface très documentée sur ses débuts, et une chronologie des événements marquants de sa vie. Bon, hé bien Sacha ne triche pas, on peut lui reconnaître ça.

Quand au contenu du « roman » lui-même, on y retrouve pêle-mêle tous les thèmes chers à Sacha : le marivaudage, la jalousie, le cocufiage, les noceurs… C’est drôle, et écrit avec esprit. Sacha Guitry n’a fait qu’écrire ce qu’il voyait autour de lui ; et je pense que c’est pour ça en partie que je n’ai pas aimé : la femme est toujours importante, charmante ou non, mais vraiment traitée comme une débile profonde, ou comme un objet utilitaire. Enfin, c’était les mœurs de l’époque !

Finalement, on peut reconnaître à ce roman deux qualités : celui d’être truffé de bons mots vraiment drôles, et celui de peindre de manière réaliste les mœurs d’une certaine catégorie sociale de l’époque. Mais si vous voulez une bonne histoire, passez votre chemin !

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Livre ouvert

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